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Simon Bouisson hacke les narrations traditionnelles pour les adapter au web

Avec WEI OR DIE, Simon Bouisson valide le concept du film interactif, jusqu’alors connu pour ses écueils techniques aux yeux de la profession. Rencontre avec un jeune cinéaste qui conjugue ses talents de réalisateur à des compétences de développeur, exercées en marge de ses études à la Fémis.

Qui es-tu, d’où viens tu ?

Je m’appelle Simon Bouisson, j’ai 30 ans. Je suis sorti de La Fémis en 2010, en tant que réalisateur spécialisé dans les nouveaux médias. J’ai financé ma scolarité en développant des sites web. Pour mon projet de fin d’études, j’ai conjugué mes compétences dans le web-documentaire “Les Communes de Paris”, qui permet au spectateur de suivre les trajectoires de passants croisés dans les rues du Grand Paris. Ce projet a beaucoup circulé sur la toile, et m’a permis d’enchaîner avec d’autres projets bâtis sur une structure de narration innovante. A ce titre, Stainsbeaupays (France TV, 2013) est un film sans début ni fin réalisé avec les élèves de 3ème au collège Joliot-Curie de Stains, en région parisienne. Jour de Vote (France TV, 2012) est un webdocufiction en caméra subjective, qui permet au spectateur d’entrer dans la peau d’un élu pour vivre son premier jour à l’Assemblée Nationale.

Peux-tu me raconter les origines de  WEI OR DIE ?

Avec le scénariste Olivier Demangel, nous souhaitions réaliser un projet de divertissement sur le thème d’une soirée qui tourne mal. L’idée de départ était de proposer au spectateur de recouper différents points de vue, tantôt intimes ou collectifs, tantôt sincères ou hypocrites, et de mener lui-même l’enquête pour reconstituer les faits. C’est en tombant sur un fait divers assez sordide qu’on s’est accordés sur le thème du weekend d’intégration.

Nous avons d’abord réalisé un prototype avec l’aide du CNC et de la Région Nord Pas de Calais, pour démontrer la faisabilité du projet et convaincre un producteur de nous suivre. Ensuite, il a fallu simplifier le scénario pour adapter la dramaturgie à la superposition de plusieurs “fragments” sur la timeline du projet. Pour le tournage, nous avons passé onze jours en huis-clos dans un gîte avec des comédiens parfaitement investis dans leur rôle et conscients du dispositif interactif en vigueur. Au total, ce projet nous a mobilisés pendant deux ans.

D’autres chantiers en cours ?

Je suis actuellement à Los Angeles en compagnie de trois autres réalisateurs pour tourner le premier volet d’un projet baptisé “Les Cardinaux”, dont la sortie est prévue au printemps prochain. Il s’agit de quatre courts-métrages indépendants, dont les scénarios se recoupent en un point donné.

Toujours aux côtés d’Olivier Demangel, je prépare une nouvelle fiction interactive dont le schéma narratif s’inspire du dispositif développé pour WEI OR DIE.

Je développe également la suite de “Product”, une série qui s’intéresse aux parcours des objets de consommation courante, réalisée aux côtés de Ludovic Zuili et diffusée sur Arte.

Des liens à recommander ?

Je vous conseille le court-métrage en réalité virtuelle “I, Philip’, réalisé par Antoine Cayrol et qui raconte l’histoire d’un androïde qu’on a doté de la mémoire de Philip K. Dick. Le projet sera mis en ligne sur les stores Oculus et Samsung le 22 février prochain.

Je vous recommande la web-série Do Not Track, développée par Upian et diffusée sur Arte [Ndlr. Une série sélectionnée par l’Air numérique].

Un extrait de WEI OR DIE
sera présenté au cinéma Les 400 Coups
le 27 janvier 2015 à 14h15.
Propos recueillis par Iris Ollivault
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