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Quatre questions à la "Poétubeuse" SolangeTeParle

Ina Mihalache, plus connue à travers son personnage Solange, est une artiste québécoise de 30 ans installée à Paris depuis 2004. Retour sur son cheminement de comédienne, vidéaste et monteuse depuis l’abandon du cours Florent jusqu’à la sortie de son premier long-métrage, “Solange et les Vivants”, le 30 janvier prochain.

Qui es-tu ? D’où viens-tu ?
Je m’appelle Ina, je viens de Montréal. Je suis arrivée en France en 2004 pour rejoindre un amoureux, et intégrer la Classe Libre du cours Florent où j’ai compris que le métier de comédienne n’était pas vraiment fait pour moi. J’ai appris les techniques de montage vidéo auprès d’un réalisateur de documentaires, avant de les appliquer à des thèmes qui me sont chers comme l’oisiveté, l’ennui ou encore l’isolement. Faute de réseau, j’avais du mal à diffuser mes premières créations. Un jour, je suis tombée sur une vidéo de Norman [ndlr. Norman fait des Vidéos], qui a créé le déclic. Youtube est alors devenu mon medium de diffusion.
Peux-tu nous parler de ton personnage, Solange, et des projets construits autour d’elle ?
Solange est quelqu’un de solitaire et d’inadapté à la société, comme le laisse entendre son prénom désuet. Elle a le sens de l’humour. Au départ, je réalisais des vidéos basées sur le concept de l’abécédaire, autour d’un mot pioché dans le dictionnaire. Puis j’ai accéléré la cadence, pour me rapprocher du mode de production des contenus qui circulent sur le web.
J’aborde la vidéo à la manière d’une sculpture vivante. “Lui chez Moi” n’est pas le fruit d’une réflexion mûrie. Clément Bénech, qui voulait parler de ses problèmes d’écriture en tant qu’auteur, n’en avait aucun à mon sens. Quand on s’est rencontrés, je lui ai prêté une caméra et nous sommes passés d’un sujet à l’autre. A l’issue de cet entretien, j’ai monté une heure de rushes, que j’ai visionnés et commentés à voix haute. Mes réactions sont intégrées au montage final, au même titre que les petits accidents dont je raffole : l’arrivée du facteur, les problèmes de zoom, etc.
Dans “Toute nue à la rivière”, je me suis inspirée d’une technique de Michael Snow et reprise par Chantal Akerman, qui consiste à incruster des textes dada au sein de l’image. J’ai remplacé la parole par des coupures textuelles et sonores, pour raconter quelque chose. L’inconfort que l’on peut éprouver en regardant cette vidéo peut se comparer à la frustration que j’éprouve face aux règles qu’internet oppose à la nudité - hors sexualité.
Sur quels autres projets travailles-tu en ce moment ?
Le 30 janvier prochain, je présenterai mon premier long métrage, Solange et les Vivants, au Luminor Hôtel de Ville (Paris 1er). C’est un projet auto-financé grâce aux revenus de ma chaîne Youtube. Le film sera précédé d’une performance inédite de moi-même intitulée « Le problème avec les films (quand on en fait un) » et suivi d’un débat. Je développe également une série inspirée du personnage de Solange sur la question de l’insécurité linguistique au Québec. Ce projet devrait voir le jour dans le circuit de production traditionnel.
Des liens à conseiller ?
Je pense spontanément au Humping Pact, un projet à mi-chemin entre la performance et l’art contemporain, qui m’amuse beaucoup :
Dans la catégorie vlogs, je suis abonnée à la chaîne Youtube de Fran Meneses, une auteure Chilienne expatriée à Londres et dont j’apprécie les créations :
Le travail de son copain Edouardo, qui est photographe, vaut également le détour. Dans “Shoot Film”, il intègre des photos prises avec un appareil argentique, ce qui contribue à ancrer sa vidéo dans le réel :
"Toute nue à la rivière" et "Lui chez moi", de SolangeTeParle,
seront projetées au cinéma Les 400 Coups
le 27 janvier 2015 à 14h15.
Propos recueillis par Iris Ollivault
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