Return to site

Amelia Umuhire, réalisatrice de 24 ans, capture les identités berlinoises

Née au Rwanda et débarquée à Berlin quelques années plus tard, Amelia Umuhire, étudiante passionnée de cinéma, signe une première série qu'elle partage sur le web. A l’image de sa réalisatrice, Polyglot détaille les identités d’une jeunesse ambitieuse, créative et débrouillarde.

La réalisatrice Amelia Umuhire (crédit photo : Joseph Wolfgang Ohlert)

Qui es-tu, d’où viens tu et que fais-tu ?

Je m’appelle Amelia Umuhire, je suis née au Rwanda et j’ai déménagé en Allemagne à l’âge de huit ans. Je suis encore à la fac, où je fais des études régionales spécialisées sur l’Afrique de l’Est. Je suis passionnée de cinéma, et je multiplie les petits boulots dans des festivals où je croise des réalisateurs avec qui j'engage des conversations captivantes. J’ai appris le métier toute seule, en regardant des films au ralenti, pour saisir les composantes techniques des émotions qui se dégagent à l’écran. J’ai imprimé des scénarios pour les étudier, avalé des tutos de montage à la pelle, lu des dizaines d’interviews et profité du temps que certaines personnes ont accepté de me donner pour développer mes premiers projets.

Peux-tu me parler de Polyglot, et de la manière dont la série s’est construite ?

Dans mon groupe d’amis, on est tous fans de la web-série High Maintenance, et j’avais envie de créer quelque chose dans cet esprit. J’en ai parlé au cinéaste Ferhat Yunus Toprakla, qui a accepté de m’épauler sur ce projet. Ensuite, j’ai proposé à Amanda Mukasonga - aka Babaiche Papaya - d’être à la fois l’actrice principale et le fil conducteur de Polyglot. Elle a accepté. On s’est tous retrouvés le samedi suivant pour tourner une première séquence.

Les épisodes sont généralement tournés en deux ou trois jours. Le montage prend plus de temps, mais c’est le procédé sur lequel j’ai le plus de contrôle. Quand je pense avoir terminé, je partage mon travail avec un petit groupe d’amis avant de le mettre en ligne. Polyglot a accaparé tout notre temps libre, mais je suis vraiment fière du résultat, et des soutiens qui se sont manifestés tout au long du projet.

Tu as d’autres projets ?

J’ai plusieurs chantiers sur le feu, notamment le montage d’un court-métrage tourné à Kigali l’annnée dernière, et plusieurs clips de musique. Je multiplie les projets pour améliorer ma technique et pour assouvir mes envies de création. Je suis toujours en quête de nouvelles collaborations.

Des liens à partager ?

J’admire la capacité qu’ont les gens de ma génération et tout autour de moi à exprimer leur créativité sans moyens particuliers.

Je pense par exemple au documentaire de Roder Jean Nsengiyumva, acteur et réalisateur britannique né au Rwanda, à propos de deux amis à l'affût d'un moyen d’entrer au Royaume-Uni depuis Calais.

Je passe pas mal de temps sur Soundcloud, à la recherche de nouveaux sons. Je vous recommande chaudement Vehda, un producteur et beatmaker londonien, auteur la bande son du 3ème épisode de Polyglot.

J’aime beaucoup afromaniac, producteur lui aussi, basé à Berlin :

Rassurez-vous, je regarde aussi des vidéos débiles à l'image de cette trouvaille dénichée sur Vine, où une femme sophistiquée se fait attaquer par une chèvre :

Non, je ne pourrais pas vivre sans internet !

L'épisode 2 de Polyglot, " Le mal du Pays",
sera projeté au cinéma Les 400 Coups
le 27 janvier 2015 à 14h15.
Propos recueillis par Iris Ollivault
All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly